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Concrètement : pourquoi le plastique est-il néfaste ?

by in Environnement 29 mars 2021
La guerre contre le plastique est déclarée ! Cela fait plusieurs années que le sujet a été mis sur le tapis, mais depuis 2019, les Etats européens ont commencé à prendre des mesures plus sérieuses, avec notamment l’interdiction du plastique à usage unique. Si nous ne sommes qu’aux prémisses d’un combat de longue haleine (le plastique est partout dans nos vies !), il est important de comprendre pourquoi cette lutte est essentielle.

Le plastique est issu à 99% des énergies fossiles

Et oui, pour fabriquer du plastique, on utilise énormément de pétrole : il faut 2kg de pétrole brut pour produire 1kg de PET, le plastique utilisé pour la grande majorité des bouteilles. Le pétrole est une ressource non renouvelable qui sert de matière première, mais également pour le processus de production au sein des usines pétrochimiques (fonctionnement des machines, transport des produits…).  Cela pose un vrai problème d’un point de vue écologique, puisqu’on estime que 6% des ressources pétrolières mondiales servent à fabriquer du plastique. Un chiffre qui ne devrait pas cesser d’augmenter si on n’agit pas rapidement. Depuis 1950, plus de 9 milliards de tonnes de plastique ont été produites, dont la moitié uniquement ces 15 dernières années. Cela traduit bien l’augmentation de la consommation de plastique, et quel gaspillage lorsqu’on sait qu’il sert majoritairement à créer des emballages qui ont une durée d’utilisation très courte, mais mettent plusieurs centaines d’années à se détériorer.

Oui mais, le recyclage dans tout ça ?

Bien que le recyclage ait été présenté comme solution miracle dans les années 1960, permettant ainsi aux industriels de démocratiser largement l’usage du plastique au sein des ménages, il présente d’importantes limites. D’abord, parce que seuls 14% des emballages plastiques sont collectés à l’échelle mondiale en vue d’être recyclés. Sur cette proportion, moins de 2% l’est vraiment… Même si l’Europe se veut meilleure élève, avec 30% de plastique collecté sur les 26 millions de tonnes produites, il n’en demeure pas moins que 70% de ses déchets plastiques se retrouvent enfouis ou incinérés. Ensuite, parce que les objets en plastique sont parfois recyclés en objets… non recyclables ! Par exemple, on peut produire des pulls ou des baskets à partir de bouteilles en plastique, mais aujourd’hui il n’existe aucun moyen de recycler ces produits. Le plastique ne va donc être recyclé qu’une seule fois. Et puis… le recyclage du plastique, c’est compliqué ! Tous les types de plastiques ne se recyclent pas de la même manière, et se retrouvent pourtant bien souvent dans le même circuit de tri. Par exemple, on ne recycle pas de la même manière une bouteille et son bouchon. De même, les additifs utilisés lors de la création du plastique vont venir influencer lourdement le processus de recyclage. Un exemple très concret : les bouteilles de lait en PET opaque ne sont pas recyclables à cause de la charge utilisée pour les rendre opaques. Certains défendent l’idée de brûler le plastique, mais au vue de la quantité que nous utilisons tous les jours, cette solution revient à engendrer une grande production de CO2, néfaste pour notre environnement également. Le mieux serait encore d’imposer aux industriels de simplifier leurs emballages en utilisant moins de plastiques différents, afin de faciliter le recyclage. Mais mieux encore, il serait temps de réduire drastiquement notre consommation de plastique…

Le plastique pose des problèmes sanitaires et environnementaux

On estime que 10 millions de tonnes de déchets plastiques finissent chaque année dans les océans, soit 1 tonne toutes les 3 secondes. Les déchets les plus ramassés sont les mégots, les bouteilles, les emballages alimentaires, les cotons-tiges ou encore les bâtons de sucettes. Aujourd’hui, plus de 150 millions de tonnes de plastique se trouvent dans les océans selon la WWF. Des scientifiques parlent même d’un septième continent pour désigner une décharge flottante qui se trouve au large du Pacifique, faisant 3 fois la taille de la France. L’ingestion du plastique tue les animaux marins tous les jours. On retrouve actuellement du plastique dans 86% des tortues et 40% des oiseaux marins. Des chiffres qui donnent le tournis. Et surtout qui interrogent notre chaîne alimentaire. Des particules de plastique ont été détectées dans 93% de l’eau en bouteille et 83% de l’eau du robinet… Miam.
À l’image du tabac en son temps, ou plus récemment de Monsanto, les industriels s’emploient à fabriquer du doute, minimiser les dangers du plastique pour détourner l’attention de la face cachée de l’iceberg. Car au-delà de la pollution visible qu’il génère, le plastique nous empoisonne au quotidien. Un poison impalpable fait d’additifs toxiques et de microparticules qui imprègnent l’air, l’eau, les sols et les corps. Pollution, danger climatique, mortalité accrue, chute de la fertilité… Le plastique n’est plus fantastique; Extrait du livre Les Plastiqueurs, Dorothée Moisan.